Barbara Bonvin est née en 1975 en Valais. En 2003, elle suit les cours de l’année préparatoire aux Beaux-Arts à Têtard (Lausanne), avec comme professeurs de peinture Elisabeth Llach et Luc Aubort. De solitaire, sa démarche se transforme progressivement en dialogue avec l’extérieur, ce qui se traduit par plusieurs expositions dans divers lieux publics lausannois. En 2007 et 2008, elle gagne successivement deux concours, qui marquent une étape importante dans sa trajectoire et lui permettent d’exposer comme artiste permanente. Dès lors, de nouvelles rencontres surviennent et aboutissent à des expositions en Suisse et à l’étranger.

Pour elle, la peinture est un espace d’exploration et de recherches incessantes. Sa démarche initiale est animée par un mouvement de descente dans les profondeurs, démarche qu’elle qualifie elle-même d’archéologique. Les questions qu’elle pose sont celles du passé et du présent, de l’antérieur et de l’intérieur, mais aussi celle de l’enracinement. Dans la progression de sa peinture, et de manière de plus en plus prononcée, des vides surgissent, s’opposant à une matière dense qui évoque la terre et la roche, le minéral et l’organique. Le magma a pris racine, et c’est par un jeu de contrastes parfois brutal entre des textures bouillonnantes et des espaces de transparence que les thématiques de la lumière et du souffle apparaissent. Le temps qu’elle invoque est à la fois suspendu et vivant, imposant et estompé.

Huile, pigments, bitume, lavis (brou de noix ou encre) et tempera sont ses techniques de prédilections. Son plaisir tient à l’exploration audacieuse de nouvelles matières et de mélanges insolites. Fascinée par la capacité autonome des matières de se désorganiser et de s’organiser, elle puise dans les potentialités du hasard afin d’emprunter de nouvelles voies. Elle saisit ces instants et tente de les recréer, tout en jouant de l’impossible duplication de ces phénomènes et de l’unicité de l’instant présent. L’évolution de ses thèmes la mène à un allègement des matières, et si son questionnement intime reste celui du retour aux sources qu’elle travaille par la concentration ou la dilution des matériaux qu’elle utilise, l’émergence des blancs marque son désir d’une respiration nouvelle, où l’air et la lumière font vivre de manière différente les paradoxes qu’elle explore.